UREMIE

Il serait permis de le croire, si l'on s'en remettait au nombre très élevé de disparitions félines dû à cet élément organique - qui ne devient en réalité poison que s'il dépasse un certain seuil dans le sang. Une urémie excessive est en fait le résultat d'un parcours pathologique qui, une fois enclenché, devient de plus en plus difficile à enrayer. Résumons-en, Monsieur, la genèse.


Pour assurer leurs fonctions respectives, les cellules de l'organisme ont besoin de carburant ; il est fourni par les aliments, distribué par le sang, et que les cellules consomment en les brûlant. Cette combustion est plus ou moins complète selon la nature du carburant fourni, et génère toujours plus ou moins de


déchets non assimilables qui sont rejetés dans le sang. La plupart de ces déchets sont azotés, conséquence de la nourriture protéinique du chat, et l'urée en est le principal représentant. Jusque-là rien de grave; le sang d'un animal


malsain ne véhicule en permanence qu'une très petite quantité d'urée, au demeurant utile pour l'équilibre ionique, les reins en bon état étant chargés d'éliminer l'excédent de bagages.

Lorsque les aliments fournis aux cellules sont de médiocre qualité, la quantité de déchets laissés pour


compte sera plus importante ; le travail des reins augmentera donc, au delà bientôt de la cadence initialement prévue; incapable d'éliminer la totalité de l'urée apportée par le sang, le filtre rénal laissera donc le taux sanguin d'urée augmenter bien au-delà des normes physiologiques. Et là, les choses se compliquent encore. Car non seulement les cellules rénales n'auront pas le temps de tout filtrer,


mais elles seront ellesmêmes intoxiquees par l'urée qu'elles recevront en surabondance; les reins verront leur rendement diminuer au fil du temps, alors même que le travail d'épuration sanguine devrait être accéléré.


L'alimentation du chat joue donc un rôle majeur dans l'évolution d'une urémie excessive; mais cette alimentation n'est souvent pas seule en cause, puisque l'état des reins, on l'a vu, joue un rôle essentiel, et que cet état va bien sûr déclinant avec l'âge. La plus sage manière, de mettre chat à l'abri d'un tel risque est de lui fournir des protéines facilement assimilables ( foie, coeur, fromage blanc, jaune d'oeuf ) et qui n'abandonnent que peu de déchets. Ou de recourir éventuellement à des aliments diététiques tout préparés. En n'oubliant pas, chez un chat flirtant avec la décennie, de faire pratiquer des dosages sanguins et de soumettre l'animal, vieillissant en dépit des apparences, à des cures de chophytol - par exemple - qui faciliteront le travail des reins et de leur complice le foie.

Article de Fémina Hebdo Côte d'azur N° 73